Dans le cas où la femme constaterait la cessation des menstrues après l'aube, les savants émettent deux avis en ce qui concerne le jeûne de ce jour là :
Question 2 :
Si une femme se trouve purifiée de ses menstrues et se lave rituellement après l'apparition de l'aube, puis accomplit la prière et complète le jeûne de cette journée, doit-elle rattraper ce jour là ?
Si la femme indisposée, durant le mois de Ramadan, devient pure juste avant l'apparition de l'aube, ne serait-ce que d'une minute tout en étant sûre de sa pureté, elle est obligée de jeûner ce jour-là, et il lui sera compté comme un jeûne valide, sans qu'elle soit obligée de le reprendre. Elle a en effet jeûné tout en étant pure et ce, même si elle n'a accompli ses ablutions rituelles qu'après l'apparition de l'aube. Il n'y a là aucune crainte. C'est comparable au cas d'un homme qui se réveille en étant impur suite à une relation sexuelle (licite) ou à une pollution nocturne, prend son repas du Sohour, et jeûne mais ne se lave rituellement que bien après l'apparition de l'aube. Son jeûne est considéré comme valide et recevable.
Je saisis l'occasion pour souligner un point fréquent chez les femmes lorsque les menstrues apparaissent chez ces dernières après qu'elles aient jeûne cette journée. Beaucoup d'entre elles pensent que si les menstrues apparaissent après la rupture du jeûne et avant la prière du Icha, cela annule le jeûne de la journée. Ceci est totalement faux et ne repose sur aucun fondement. Au contraire le jeûne est complet et valide même si les menstrues surviennent une minute seulement après le coucher du soleil.
Question 3 :
Si une femme constate durant la journée du mois de Ramadan l'écoulement de légères gouttes de sang, qui se poursuit tout au long du mois du Ramadan alors qu'elle jeûne, son jeûne est-il valide ?
Oui son jeûne est valide. Quant à ces gouttes, ce ne sont pas des menstrues parce qu'elles proviennent des veines. L'Imam 'Ali Ibn Abî Taleb t a dit : "Ces petites taches semblables aux saignements de nez ne sont pas des menstrues."
Question 4 :
Quand une femme en état de menstrues ou une femme qui vient d'accoucher retrouve sa pureté avant l'apparition de l'aube et ne fait ses grandes ablutions qu'après l'aube, son jeûne sera-t-il valide ou pas ?
Oui le jeûne de la femme dont les menstrues ont cessé avant l'aube est valide, même si elle ne s'est lavée qu'après l'aube. C'est aussi le cas pour la femme qui a les lochies car dès lors, elle fait partie des gens qui doivent jeûner. Elle est semblable à celui qui se réveille après l'aube en état d'impureté majeure (janâba) ; son jeûne reste valide conformément à la parole de Dieu :
"Cohabitez donc avec elles maintenant, et mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc (la clarté) de l'aube du fil noir (l'obscurité de la nuit). " (Coran, 2-187)
Si Dieu, qu'Il soit exalté, a autorisé les rapports sexuels jusqu'à l'aube cela implique que la toilette rituelle ne peut avoir lieu qu'après l'aube. Ceci est par ailleurs corroboré par le Hadith de Aïcha -que Dieu soit satisfait d'elle- qui dit :
"Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se levait le matin en étant impur suite à un rapport avec l'une de ses épouses et il observait le jeûne". Cela signifie qu'il ne se lavait de cette impureté qu'après l'aube.
Question 5 :
Si une femme sent la présence du sang menstruel ou éprouve les douleurs habituelles des menstrues, et que le sang ne s'écoule pas avant le coucher du soleil. Son jeûne ce jour là est-il valide ou doit-elle le reprendre ?
Si une femme pure sent le déclenchement de la menstruation ou éprouve les douleurs caractéristiques des menstrues et que l'écoulement du sang ne se produise qu'après le coucher du soleil, son jeûne est valide et elle n'est pas tenue de le rattraper s'il s'agit d'un jeûne obligatoire. S'il s'agit d'un jeûne surérogatoire sa récompense ne sera pas pour autant annulée.
Question 6 :
Quand la femme constate un saignement, mais n'est pas certaine s'il s'agit du sang des menstrues ou pas, son jeûne est-il valide ?
Oui son jeûne est valide car la règle générale est l'absence des menstrues jusqu'à leur apparition et leur identification de manière sûre.
Question 7 :
La femme en période de menstrues et celle qui a les lochies, peuvent-elles manger et boire durant la journée du mois du Ramadan ?
Oui elles peuvent manger et boire durant la journée du mois du Ramadan. Cependant il vaut mieux qu'elles observent une certaine discrétion notamment si elles se trouvent en présence d'enfants dans la maison, car cela pourrait susciter chez ces derniers des interrogations problématiques.
Question 8 :
L'écoulement du sang d'une femme enceinte durant le jour du mois de Ramadan, affecte-t-il son jeûne ?
L'écoulement du sang des menstrues d'une femme en état de jeûne annule son jeûne, comme le confirme le Hadith du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) :
"N'est-ce pas que la femme qui a ses menstrues n'accomplit pas de prières ni de jeûne".
C'est pour cette raison que la menstruation est considérée comme un facteur annulant le jeûne, il en est de même des lochies ; l'écoulement du sang des menstrues ou des lochies gâte le jeûne. Si l'écoulement du sang de la femme enceinte durant la journée du mois de Ramadan est le produit d'une menstruation, il est pareil à la menstruation de la femme non enceinte et en tant que tel, il affecte le jeûne et l'annule. S'il n'est pas le résultat d'une menstruation, il n'a sur aucun effet son jeûne. La menstruation qui peut se produire chez une femme enceinte est un écoulement de sang régulier qui ne s'est pas arrêté depuis qu'elle a con¢et qui survient à sa période habituelle des menstrues. D'après l'avis le plus plausible, il s'agit-là des menstrues et la femme doit observer les règles juridiques des menstrues. En revanche, si l'écoulement du sang s'interrompt et qu'ensuite, elle recommence à voir un sang qui n'est pas l'écoulement habituel, cela n'affecte nullement son jeûne parce qu'il ne s'agit pas des menstrues.
Question 9 :
Si dans les derniers jours de menstruation et avant la purification, la femme ne voit aucune trace de sang, doit-elle jeûner ces jours-là, alors qu'elle n'a pas encore vu le liquide blanc qui est le signe de l'arrêt de l'écoulement de sang ?
Si elle n'a pas l'habitude de voir ce liquide blanc comme c'est le cas avec certaines femmes, elle jeûne. Mais si elle est habituée à constater l'écoulement de ce liquide blanc, elle ne doit pas commencer à jeûner avant de le voir.
Question 10 :
Certaines femmes commencent le jeûne du mois de Ramadan alors qu'elles n'ont pas encore rattrapé les jours manqués du Ramadan précédent. Que doivent-elles faire ?
Elles doivent se repentir à Dieu pour une telle négligence, car il n'est pas licite à celui qui a une dette de jeûne du Ramadan de la retarder jusqu'au Ramadan suivant sans raison valable. Ceci est confirmé par ce dire de Aïcha -que Dieu soit satisfait d'elle- : "Il m'arrivait d'avoir des dettes de jeûne du Ramadan, et je ne pouvais les acquitter qu'au mois de Chaâbane". Ceci prouve qu'on ne peut retarder le rattrapage du jeûne manqué au delà du mois de Ramadan suivant. Cette femme est donc obligée de se repentir et de reprendre les jours de jeûne manqués après le deuxième Ramadan
Question 11 :
Si la femme enceinte constate des saignements un ou deux jours avant son accouchement, doit-elle suspendre son jeûne et ses prières à cause de cela ?
Si la femme enceinte voit du sang accompagné de douleurs et de contractions, il s'agit alors de lochies. Elle doit à cet instant suspendre son jeûne et ses prières. Si le sang n'est pas accompagné de douleurs, il ne s'agit que d'un saignement anormal qui ne doit pas être considéré et n'empêche pas l'accomplissement du jeûne et des prières.
Question 12 :
Que pensez-vous de la prise de médicaments afin de retarder le cycle menstruel dans le but de pouvoir jeûner le mois de Ramadan (dans son intégralité) en même temps que le reste des gens ?
Je mets en garde contre cela car ces médicaments ne sont pas dépourvus d'effets secondaires très néfastes d'après ce qui m'a été certifié par des médecins. Il faudrait dire à la femme que les menstrues sont une chose naturelle que Dieu a destinée à toutes les filles d'Adam et qu'elle doit accepter ce que Dieu U lui a destiné. Qu'elle jeûne tant qu'elle n'a pas d'empêchement ; quand celui-ci survient, il faut qu'elle arrête son jeûne, marquant ainsi une soumission et une satisfaction par rapport aux décrets divins.
Question 13 :
Durant les nuits du Ramadan, est-il mieux pour la femme de faire ses prières chez elle ou d'aller à la mosquée, surtout s'il y a des prêches et des exhortations. Quels conseils prodiguez-vous aux femmes qui prient dans les mosquées ?
Il vaut mieux qu'elle fasse la prière chez elle ; et ce conformément au Hadith du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) :
"Leurs maisons sont mieux pour elles".
Par ailleurs, la sortie des femmes n'est pas exempte de tentations dans la plupart des cas. Par conséquent, il vaut mieux qu'elle reste chez elle au lieu de se rendre à la mosquée pour prier. Quant aux prêches et aux exhortations elle peut les suivre à partir d'une cassette Je recommande à celles qui sortent prier dans les mosquées d'observer une tenue vestimentaire pudique et de ne pas se parfumer.
Question 14 :
Quel est l'avis juridique au sujet de la femme qui goûte la nourriture qu'elle prépare le jour du Ramadan alors qu'elle est en état de jeûne ?
Il n'y a aucun problème parce qu'elle le fait par nécessité. Il faut cependant qu'elle recrache ce qu'elle a goûté pour ne pas l'avaler.
Question 15 :
Une femme jeûne le mois de Ramadan depuis l'âge légal du jeûne. Mais elle n'a jamais repris les jours de jeûne manqués en raison de son cycle menstruel car elle ignore le nombre de jours de jeûnes manqués. Elle aimerait avoir des conseils sur ce qu'elle doit faire actuellement ?
Il est vraiment regrettable que ce genre de situation se passe parmi les femmes croyantes. Ce délaissement, je veux dire le délaissement du rattrapage du jeûne manqué peut résulter soit de l'ignorance, soit de la négligence. Dans les deux cas, il demeure un fléau dont la solution est la quête du savoir et le questionnement. En ce qui concerne la négligence, son remède est la crainte permanente de Dieu et de Son châtiment ainsi que le fait de s'empresser de faire ce qui attire Son agrément. Cette femme doit donc se repentir à Dieu et implorer Son pardon pour ce qu'elle a fait. Elle doit s'efforcer d'évaluer autant que faire ce peut, ses jours de jeûne manqués et les rattraper de fa○ à s'acquitter de sa dette. Nous espérons que Dieu agréera son repentir.
Tiré des 60 interrogations sur les menstrues de Cheikh Mouhamed Saleh El Outheymine.
