La femme s'affairait à allumer du feu sous un pot, tout en disant à ses enfants : « Ne pleurez pas mes enfants et dormez jusqu'à ce que la nourriture soit prête. Je vous réveillerai pour manger.
Mes pauvres enfants, je me plaindrai à Dieu de 'Umar qui, lui, doit dormir rassasié, alors que nous, nous souffrons des affres de la faim ! »
En entendant les plaintes de cette femme, Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) en fut très touché et très peiné. Il salua la femme et lui demanda la permission d'entrer sous la tente. « Si vous êtes animé de bonnes intentions, répondit-elle, entrez ! »
Il entra et lui demanda la cause des pleurs de ses enfants. Elle répondit : « J'ai quitté mon pays avec mes enfants pour gagner Médine, mais j'ai été obligée de m'arrêter à cet endroit, car la fatigue et la faim nous empêchaient de continuer. Maintenant nous n'arrivons plus à dormir à cause de la faim qui nous tenaille ! »
Le Calife (qu'Allah l'agrée), lui dit : « Mais pourquoi invoques-tu Dieu contre 'Umar ? » Elle répondit : « Parce qu'il a envoyé mon époux à la guerre où il a été tué. Depuis ce jour, je vis dans la misère, moi et mes enfants ! »
Il lui demanda ce qu'il y avait dans la marmite.
« Il n'y a que de l'eau, répondit-elle, mais j'ai monté cette astuce pour faire patienter mes enfants jusqu'à ce que le sommeil les terrasse ! »
Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) demanda à la femme de l'attendre et fit signe à son compagnon Aslam de le suivre.
Ils coururent vers la ville et allèrent vers la boutique d'un marchand de farine.
Ne trouvant pas celui-ci dans sa boutique, ils allèrent le chercher chez lui. Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) le fit sortir et lui acheta un sac de farine. Ils allèrent ensuite chez le boucher où ils demandèrent de la viande.
Le boucher n'en avait pas, mais il leur donna de la graisse. Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) le paya et s'apprêta à partir.
Il alla prendre le sac de farine, lorsque son compagnon lui dit : « Ô Émir des croyants ! Laisse-moi porter cela. »
Mais il rétorqua « Ô Aslam ! Si tu prends cette charge, qui portera le poids de mes péchés ? Et qui prendra sur lui le poids de la plainte de cette femme ? »
Il pleura si fort que son compagnon en fut ému. Ils retournèrent aussi vite vers la femme et la trouvèrent toujours en train d'attiser le feu sous la marmite pleine d'eau.
Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) déposa sa charge devant elle et resta debout, attendant sa réaction.
Elle lui dit : « Que Dieu récompense ta charité ! Tu es plus digne d'être le protecteur des pauvres que 'Umar. »
Tout ému, le Calife (qu'Allah l'agrée), qui ne voulut décliner son identité, prit un peu de graisse et la mit dans un pot.
Il invita la femme à préparer la pâte, puis il demanda à son compagnon d'apporter du bois.
Lorsque celui-ci revint, il trouva le commandant des croyants (qu'Allah l'agrée), accroupi, la barbe touchant la terre, occupé à souffler sur le feu.
Quant à la femme, elle s'affairait à cuire la pâte qu'elle avait préparée dans une assiette et la mélangeait la graisse. Lorsque la nourriture fut prête Umar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) la versa dans une assiette et invita cette dernière et ses enfants à en manger.
Il lui dit : « Servez-vous ainsi que vos enfants et rassasiez-vous. Remerciez le Seigneur et priez pour 'Umar, qui n'était pas au courant de votre situation ! » Après quoi, il retourna chez lui.
Extrait du site : sajidine.com
