Apprendre, voyager, avoir des enfants, travailler. Un travail. Papa me disait souvent que je ne trouverais pas de travail en me réveillant à midi. Tout ce temps perdu à rêver. Des rêves. Je voulais monter ma propre boîte de production dans laquelle on bafoue l'objectivité pour parler de sujets qui tiennent à coeur, renouer le journalisme à l'empathie.
Être au service d'autrui et non pas des prix. Je voulais apprendre par coeur mais surtout comprendre avec le coeur le Livre qui a fait vibrer tant de coeurs.
Plus légèrement je voulais monter à dos d'éléphant et faire un safari, plus sérieusement prier à Al Alqsa et approcher la Kaaba au moins une fois. Au moins une fois tomber amoureuse, accomplir la moitié de ma foi... Mais ai-je accompli la première moitié ?
Je voulais faire tout ça mais demain je meurs.
On est tous atteint d'une maladie incurable qui s'appelle la vie. Ici-bas on a oublié qu'il y'a une fin, ici-bas on a oublié de préparer le début.
Finalement c'est le Paradis que je veux. Mais je n'ai pas assez oeuvré, j'ai cru que j'avais le temps.
Alors pour ne pas avoir de regrets, je prie comme si je devais mourir demain.
Je vis comme si je devais mourir aujourd'hui.
Les goûts, les sentiments, les sensations, les odeurs ont une autre saveur.
«Ô hommes, la promesse d´ALLAH est vérité. Ne laissez pas la vie présente vous tromper, et que le grand trompeur ne vous trompe pas à propos d´ALLAH.»
(Sourate 35, Verset 5)
Se préparer à mourir demain c'est rendre ses envies, ses rêves et souhaits plus accessibles. On a tendance à croire que se rappeler de la mort nous paralyse et pourtant c'est la vie qui nous fige.
Source : GuedGued -Facebook : Sonia Guedgued